J’étais « la bonne élève »

Pendant des mois, j’ai suivi à la lettre toutes les recommandations. Jusqu'au jour où tout s'est effondré.

 

Au fil de la Dordogne. Lucie et Pahau en traversée au début de l'été.

J’étais vraiment la bonne élève. Quand Pahau est arrivé à la maison, je voulais tellement bien faire. J'ai passé des heures à comparer les paquets, à lire les avis sur internet, à chercher ce qu'il y avait de meilleur. J'ai fini par acheter un sac « sans-céréales » en top dans plusieurs classements, avec de la viande fraîche. Dans ma tête, c'était clair, je lui donnais ce qu'il y avait de mieux, j'étais une maîtresse exemplaire.

Sauf que la réalité m'a vite rattrapée.

Dès 2020, les premiers signaux d'alarme sont apparus. Pahau s'est mis à bouffer de l'herbe quotidiennement dans le jardin, comme un besoin compulsif. Il cherchait désespérément n'importe quoi pour essayer de calmer l'acidité qui lui brûlait l'estomac. Ses selles n'étaient jamais correctes.

Au fil du temps, la situation s'est dégradée et il s'est mis à vomir de plus en plus souvent. Il me faisait une peine immense. Au début, on a essayé d'autres marques de croquettes, mais rien n'y faisait, le problème persistait.

En juin 2022, nous en avons finalement parlé à notre vétérinaire. Sa solution ? Changer une nouvelle fois pour des « croquettes vétérinaires » cette fois-ci. Mais j'étais viscéralement contre. J'avais déjà eu une très mauvaise expérience avec notre autre compagnon, Easton. Ces croquettes vétérinaires spécialisées n'avaient rien changé à sa boulimie ni à ses vomissements, cela avait même empiré. Le véto a alors été catégorique : si ça ne passait pas, il faudrait lui faire subir des examens poussés.

Franchement, j'étais effondrée. Je ne comprenais rien. Mais ce qui m'a vraiment troublée — ce qui m'a choquée, même —, c'est qu'aucun professionnel de santé, aucun vétérinaire ne m'a parlé de ce qu'il y avait dans sa gamelle. Pas un seul. On me donnait des traitements pour calmer les symptômes, mais personne ne cherchait ce qui provoquait l'inflammation.

C'est là que j'ai compris un truc dingue : ils ne sont tout simplement pas formés à ça. Dans leur cursus, la nutrition, les pratiques de la malbouffe et la chimie des additifs industriels, c'est un point aveugle. Ils ne sont pas entraînés à remonter aux vraies causes de ces maladies modernes qui sont en train d'exploser aujourd'hui.

Personnellement, c’était hors de question pour moi de me lancer dans des tests médicaux aléatoires sans fin ou de le surmédicaliser à l'aveugle. Alors, j'ai décidé de prendre les choses en main et d'arrêter les essais au hasard.

Sentiers de rocaille, Corrèze. Pahau retrouve sa foulée et son rythme naturel d'athlète.

Le vrai déclic est venu quand j'ai fini par lire directement les articles d’une famille d'éleveurs, de l’élevage des Joyeuses Gambades. Des gens de terrain. J'ai tout épluché. Et en croisant les informations, j'ai pris une énorme claque.

J'ai compris que pour pouvoir écrire « sans céréales » en gros sur les paquets, les marques avaient en fait juste remplacé le riz, le blé et le maïs par des tonnes de lentilles, de pois et de pommes de terre. Moi j’avais même des pois chiches dedans… Sauf qu'un chien reste un carnivore, son intestin trois fois plus court que le nôtre n'est absolument pas fait pour digérer des légumineuses et tubercules à longueur de journée.

Pire encore : la fameuse « viande fraîche ». Pour ne pas qu'elle tourne avant d'arriver à l'usine, elle est généralement conservée durant des semaines avec des quantité importantes de conservateurs synthétiques ultra-puissants comme le BHA et le BHT. Et ce n'est jamais écrit sur le paquet. C'est la ligne invisible.

Une fois dans l'estomac de Pahau, ces molécules faisaient exactement la même chose que ce pour quoi elles sont conçues : elles détruisaient sa flore digestive et son immunité, ration après ration. En réalité, très peu d'animaux s'en sortent indemnes. On vous fait croire à une maladie incurable nécessitant de grosses investigations ou traitements, alors qu'on fabrique l'inflammation dans leur propre gamelle.

Quand j'ai compris l'ampleur du problème, sa guérison ne pouvait pas rester notre petite victoire personnelle. J'ai décidé de mettre notre histoire au service de la mission de Croq la Vie, parce qu'ils sont des éleveurs de terrain qui refusent la malbouffe industrielle et donnent aux propriétaires les armes et l'information pour avancer.

À voir : Aux Origines de Croq la Vie — Le film documentaire.

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Passerelle des gorges. Avancer ensemble, pas à pas, hors des sentiers balisés.

Ce jour-là, j'ai décidé de tout balancer. J'ai dit stop au marketing, stop aux ingrédients bizarres et aux belles promesses. Aujourd'hui, je ne regarde plus les images sur le devant du paquet : j'exige la transparence totale sur la provenance, la cuisson et la composition. Quand on élimine la chimie massive et tous ces ingrédients inadaptés, le choix se rétrécit considérablement, mais c'est le seul moyen de corriger la vraie racine du problème.

Et ce qui s'est passé ensuite, ça a été immédiat.

Au bout de quelques jours à peine, les vomissements se sont arrêtés. Fini les broutages d’herbe quotidiens. Ses selles sont redevenues normales, bien moulées. Pour n'importe quel maître qui a ramassé de la bile et des mauvaises selles pendant des mois, c'est un soulagement immense.

Mais le truc qui m'a le plus marquée, c'est sa posture. Un soir, je l'ai vu se poser au milieu du salon et se re-coucher en sphinx. Le regard calme, posé. Ça faisait des mois que je ne l'avais pas vu comme ça, apaisé. L’inflammation avait enfin quitté son ventre.

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Côte d'Albâtre. Pahau à plein régime, libéré de ses maux de ventre.

Aujourd'hui, quand je le vois courir comme un fou, je me rappelle d'où on vient. Il a retrouvé un système digestif appaisé, son poil est magnifique, il pète la forme.

J'ai arrêté d'être naïve, de croire aveuglément les beaux paquets et les discours bien rodés.

Clairement aujourd’hui j’exige beaucoup plus pour mon chien.

 

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